Rose 

 

Chapitre I

La première fois je m'en souviens parfaitement. J'étais une petite fille de 7 ans quand je la vie pour la première fois. Elle était magnifique et je ne pouvais comprendre comment elle pouvait demeurer là a me regarder avec des yeux remplis d'amour. C'était pareil comme dans les yeux de ma maman me disais-je. Et quand j'y repense, peut-être en avait-il plus étant donné la nature. J'avais entendu sa voix m'appeler par mon prénom: Valérie! Vien voir ma belle enfant...

Je croyais que quelqu'un d'autre de mon âge s'était caché dans le bassin vide de la fontaine au milieu de la place centrale. Cette fontaine était toujours vidée en automne pour éviter que la glace ne l'endommage. Je me tint debout sur l'un des bancs de béton au pourtour. Et ainsi je pu voir à ma grande surprise que l'eau demeurait stagnante dans le bassin. On ne l'avais pas encore vidée. Mais la pompe avait été débranchée. Les jets d'eau avaient donc fini de gazouiller d'un clapotis que j'aimais entendre l'été quand ma maman choisissait quelques beaux légumes pour le repas du soir.

C'était par un froid mais ensoleillé après midi de semaine d'automne. Aucun autre adulte n'était assez proche pour voir ce que je faisais. Moi je croyais que c'était de la magie comme dans certaines émissions pour enfant que je pouvais voir parfois à la télévision. Elle était si belle! Une fée. Bien qu'elle soit sous l'eau, elle semblait demeurer au sec. Sa belle grand robe blanche et si légère frissonnait parfois doucement comme sous une brise. Ses cheveux semblaient entre le blond clair et l'or. Et son visage pâle avec des yeux d'une couleur jamais définissable. Ils semblaient parfois plus bleus, parfois plus verts. Elle ouvrait sur un sourire impeccable, une délicate bouche rose. Mais c'était tout ce qu'elle avait besoin de faire. Ses lèvres ne bougeaient pas. Elle souriait et je comprenais:

  •  Tu est une bien jolie petite fille Valérie.

  •  Pourquoi tu est là?

  •  Mais pour te parler. Je suis venue pour te voir. Juste toi..

  •  Pour être mon amie?

  •  Oui. Parce que tu est une petite fille bien spéciale.

  •  Comment tu t'appelle?

  •  Appelle moi Rose.

  •  Tu veux venir jouer avec moi?

  •  J'aimerais bien mais je ne peux pas. Écoute... C'est important! Je suis ici pour toi parce que tu est une petite fille spéciale.

  •  Pourquoi je suis une petite fille spéciale?

  •  Parce que tes yeux sont magique. Tu ne pourra plus me voir quand tu grandira. Mais il y aura des moments où je pourrais te faire un signe Et tu saura que c'est moi...

  •  Valérie mon amour! Tu sais que Maman ne veut pas que tu joue près de la fontaine. C'est dangereux! Descend de là!

  •  Mais Maman! Il y a une autre fille dans la fontaine!

Elle arriva à la course prise de panique s'attendant à voir une jeune fille qui se serait noyée en tombant. Même si ce n'était pas profond, ça demeurait possible.

- Mais enfin Valérie! Il ne faut pas inventer de pareilles histoires. Tu a fait très peur à maman. Allez viens. On rentre à a maison. Maman va faire ton potage préféré...

Je m'étais retourné vers le bassin avant de descendre du banc. Elle n'était plus là en effet. L'eau était déjà verte à cause de la formation d'algues et il n'y avait que quelques pétales de rose blanche à la surface. Bien que les fleurs des arrangements près de la fontaine étaient sèches, il semblait qu'un bouquet de roses blanche avait gardé assez d'énergie pour faire fleurir 2 fleurs. Un autre pétale se détacha de l'une d'eux et vint rejoindre les autres à la surface du bassin...

La voix dans un susurrement dit... Va rejoindre maman...

Je ne l'ai jamais revu de mon enfance et je suis vite retournée a mes jeux de petite princesse. Les autres filles ne me croyaient jamais quand je racontait cette histoire. Elles voyaient ça comme un jeu de mon imagination. Et j'ai bien fini par ne plus y penser. Sauf peut-être quand seule dans ma chambre, j'avais de la peine.

Chapitre II (retour)

Ce n'est que bien plus tard que Rose revint dans mon destin. J'avais 16 ans quand je regardais dehors par la fenêtre. Mes 2 meilleures amies venaient de quitter pour aller chez elles. On avait prétexté des devoirs mais on avait surtout parlé des beaux gars de l'école. C'était un peu loin tout d'abord mais ça se précisait. Je ne pouvais plus en détacher mes yeux.

- Maman! Viens voir! C'est magnifique!

Mais la sonnerie du téléphone retenti et elle dit qu'elle me rejoindrai vite. En admirant ce spectacle incroyable je l'entendait qui parlait avec un autre personne. Vite j'espérais qu'elle vienne voir ça. J'allais lui dire de lâcher le téléphone et de venir voir mais je l'entendit soudain éclater en sanglot.

Je parti la rejoindre à la course. Je savais que cet éclat de larme ne pouvait signifier qu'une chose. Le pronostic avait été positif et elle avait du insister pour qu'on le lui dise au téléphone. Ma maman n'était pas du genre à faire 20 km de notre petit village au centre-ville où le spécialiste lui avait déjà dit qu'il ne fallait pas s'attendre à des miracles.

Et je savais avant même d'aller dans l'autre pièce que ma mère était atteinte d'une forme très rare de cancer du foi qui fait qu'elle en aurai pour peu de temps à vivre. Elle m'avait déjà préparé a cette cruelle réalité avec quelques discussions en privé de mère à fille.

Je la serrai dans mes bras ou plutôt c'est elle qui se réfugiait dans les miens. Nous sommes fondus en larmes toutes les deux pendant un bon moment sans rien faire d'autres que de se tenir. les vagues de larmes montaient et baissaient et ce n'est que plus tard quand on fut calmées qu'elle me demanda: Qu'a tu donc vu de si magnifique à l'extérieur? Ta maman a bien envie de se faire remonter un peu le moral. - Je...

Je ne pouvais pas lui dire la vérité. Avait elle besoin de s'imaginer que sa fille devient totalement folle alors que sa mort est pour très bientôt?

  •  C'était un arc en ciel.

  •  Un arc en ciel?

  •  Mais oui.

  •  Allons il n'y a pas trace de pluie.

  •  C'est pour ça que c'est magnifique Maman! Dommage que ce soit déjà fini. Tu aurais trouvé ça très beau.

  •  C'est vrai qu'il pleuvait peut-être plus loin. Il y a des nuages là-bas... Ho ma fille chérie. Viens dans mes bras. J'ai besoin de te serrer dans mes bras.

Elles sanglotaient toutes les deux dans une position assises sur le plancher devant l'âtre du foyer où rougeoyaient les dernières braises d'un feu de bois. Valérie avait menti pour mieux réconforter sa mère. Il semblait que sa mère n'avait rien vu quand elle avait jeté un coup d'oeil furtif à la fenêtre.

Pourtant Valérie n'osait pas lever la tête car elle savait que ça se voyait à la fenêtre. Mais quelques minutes plus tard sa mère se leva et l'embrassa sur le front: N'oublie jamais que je t'aime très fort ma chouette. Ne l'oublie jamais.

Elle serra sa fille une autre fois dans ses bras en l'embrassa encore: Maintenant je vais aller faire un petit somme. Car ta maman est si fatiguée. C'est une très dure nouvelle à encaisser. J'aurais voulu te étaient plus longtemps. Voir mes petits enfants ne serait-ce au moins que la première année...

- Ho maman! S'il te plait! Ne parle pas comme ça! Je veux te garder avec moi le plus longtemps possible!

- Ma chère fille...

Elle alla se coucher. Elle était en effet épuisée. Le cancer avait été diagnostiqué si tard! Valérie avait jeté un oeil à la fenêtre. Elle n'avait osé parler de cette pluie de pétales blancs qui tombaient du ciel. Avant l'entretien avec sa mère la pluie de pétales avait pris de l'ampleur. Elle reprit des pleurs étouffés car maintenant les pétales partaient roses du ciel et quand ils arrivèrent à la fenêtre, ils étaient de la couleur du vin et laissaient des coulisses sanguillonantes aux fenêtres.

Un courant d'air de la chambre de sa mère lui caressa la nuque tout doucement. Il semblait se diriger vers la fenêtre aussi étrange que ça puisse être. La pluie de pétales cessa immédiatement. Valérie tomba assise par terre, muette devant ce nom qui surgissait du passé dans son esprit ...Rose!

Chapitre III (retour)

Quelques années plus tard Valérie était marié et mère de jumelles âgées de 1 an et demi. Elle avait vite fait de se marier après le décès de sa mère. Comme elle était née de père inconnu, elle avait eu besoin d'un grand réconfort psychologique. Elle avait trouvé un homme qui l'avait beaucoup aidé. Le coup de foudre avait été instantané pour ce chevalier protecteur.

Il avait tout fait pour la rassurer sur le fait qu'on puisse avoir de pareilles hallucinations en cas de surmenage. Et des professionnels de la santé psychiatrique le lui avait confirmé. Elle n'avait eu qu'a prendre une légère médicamentation pour peu de temps. Elle retomba vite sur pied et devint une femme enviable, amoureuse, comblée par sa belle petite famille.

Par un bel après midi de juillet elle surveillait les petites qui jouaient dans le gazon avec quelques jouets d'extérieur, elle rêvassait en même temps. Son doux mari allait arriver dans quelques minutes...

Une petite tache blanche sur sa paume la sortie soudain de sa rêverie. C'était tombé du ciel et déjà le pétale passait au rose. Un frisson de dégoût lui passa dans le dos quand le chassant de l'autre main, elle vit la trace de sang sur sa paume.

Elle leva les yeux vers le ciel et vit plein d'autre pétales tomber... Non pas mes filles! Je vous en prie Rose! Pas mes filles! Elle se dépêchait d'entrer ses filles en dedans. avec les 2 fillettes en larmes. Elles ne comprenaient pas, mais sentaient la panique de leur mère. Pas mes filles! Faites moi mourir à la place s'il faut que quelqu'un meurt. Mais pour l'amour de Dieu! Pas mes filles!

La pluie de pétales continuait à tomber de plus en plus fort. Elle regardait par la fenêtre un couple de passants. Ils marchaient sur un trottoir maculé de sang. Les pétales tombant fortement, leur laissaient des traces ensanglantées au visage, sur le linge, partout. C'était morbide. Et ils se souriaient les yeux dans les yeux. Le bonheur qu'on lisait sur leurs traits semblait grotesque au milieu de tout ce sang.

Puis la pluie fleurie s'arrêta d'un coup. Les pétales et traces de sang s'évaporèrent. Elle se retourna vers son trésor de mère. Les petites avaient repris leur jeu ensemble. Elle poussa un long soupir de soulagement. Après tout, cette pluie de pétales pouvait peut-être signifier que c'est une personne qu'elle ne connaît pas, qui décèderait?

Ella alla passer au salon quand le téléphone la fit sursauter. Quand elle décrocha:

  •  Madame Levac?

  •  Parlez...

  •  C'est à propose de votre mari...

  •  Comment est-ce arrivé?

  •  Comment pouvez-vous savoir?

  •  Je sais, je vous en pris, comment est-ce arrivé.

  •  Il serait mieux de venir à l'hôpital madame Levac.

Mais elle savait déjà qu'il était trop tard...

Chapitre IV  (retour)

C'était une décennie après la mort de son mari. Elle allait chercher les deux jumelles à l'école. Elles étaient maintenant de superbes fillettes qui bientôt allaient faire rêver bien des garçons. Elles allaient être le portrait tout craché de leur mère. À la mort de son mari, elle était déménagée dans un coin plus tranquille en banlieue avec les filles. Les quelques années passée en ville avec son époux avaient étés agréables. Mais elle avait toujours préféré le milieu rural où elle avait grandi. L'école était au village d'à côté mais elle se faisait un plaisir d'y conduire et d'y revenir reprendre ses filles à tous les jours.

Elle était sortie du dépanneur avec son petit sac de bonbons. Il lui arrivait parfois de leur faire une petite surprise de la sorte. Elle serait à l'école dans 10 minutes à les attendre.

Encore dans le stationnement du dépanneur du bonhomme Paquette comme on l'appelais dans ce village, elle n'avait pas encore tourné la clé que la pluie de pétales se manifestait. Et sans transition cette fois. Elle tombait du ciel directement rouge carmin et arrivait au sol d'une couleur presque coagulée. Valérie sursauta violemment.

- Qui est-ce cette fois Rose?!

- Aucun de vos proches ne manquera a l'appel cette fois ma belle enfant.

Elle sursauta! Rose était dans l'auto assise à côté d'elle. Et elle était resté cette petite fille aux yeux indéfinissable dans le fond de la fontaine quand Valérie était une petite fille.

  •  Personne que je connais. Alors pourquoi est-ce que je vois cette pluie de pétales Rose? Dis-te le moi! C'est insoutenable.

  •  Je vous en prie Valérie. Venez avec moi. Maintenant je peux tout vous expliquer et vous le montrer. Nous avons tous notre temps...

  • Il n'y avait plus aucune trace de pétales ou de sang en nulle part. Que des gens autours de son auto. Et ils ne comprenaient pas...

  •  Elle avait l'air si heureuse avec ses deux jeunes fillettes quand je les voyaient passer!

  •  Moi je l'ai vu s'asseoir dans son auto et elle est tout simplement tombée comme endormies.

  •  Mais taisez vous donc. Aidez moi! Je ne sens plus son pouls!

- - -

- Tu vois? Pour Valérie c'est ainsi que ça s'est passé. Comme tu vois, c'est une histoire très différente de la mienne. Elle avait eu a deviner d'elle-même en quoi elle était spéciale. Moi j'ai eu la chance que l'on me l'explique plus en détails. Comme j'ai fait la guerre et que nous avons eu a essuyer beaucoup de pertes en vie humaines dans mes belles années, je l'ai vu bien souvent cette pluie de pétales. Alors j'ai appris à contrôler un peu cette vision.

On a toujours a contacter la ou le prochain élu. Car ce n'est pas du tout agréable à assumer cette vision. Si la plupart passeraient pour fous, ils choisissent donc de le dire après leur propre mort à l'élu. Mais de passer pour fou, est le moindre de mes soucis. Car ce matin j'ai vu la pluie de pétales tomber rouge sang direct du ciel. Je sais donc que je ne me réveillerais plus jamais pour voir un nouveau soleil matinal.

Maintenant tu connais mon histoire, il ne faut pas la raconter à d'autres. De toute façon on ne te croira pas. Mais tu dois croire que ça existe. Il arrivera des moments où toi aussi tu aura des signes. J'ai choisi de me confier à toi parce que tu est une personne spéciale. Mais les autres ne peuvent pas voir ce que toi tu vois. Alors chut. Tu comprendra toi aussi à quoi cela sert en temps et lieu...

-Fin-

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